dimanche 13 juin 2010

"Le Seigneur m'a voulu comme son Vicaire"

Extrait de l’homélie-programme du pape Benoît XVI lors de sa première messe en la chapelle Sixtine, le 20 avril 2005.

Me surprenant au-delà de toutes mes prévisions, la Providence divine, à travers le vote des vénérés pères cardinaux, m’a appelé à succéder à ce grand pape. Je repense en ces heures à ce qui se produisit dans la région de Césarée de Philippe, il y a environ deux mille ans. Il me semble entendre les paroles de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », et la solennelle affirmation du Seigneur : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise… Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux » (Mt 16, 15-19).

Tu es le Christ ! Tu es Pierre ! Il me semble revivre la même scène évangélique ; moi, successeur de Pierre, je répète avec anxiété les paroles vibrantes du pêcheur de Galilée et j’écoute à nouveau avec une profonde émotion la promesse rassurante du divin Maître. Si le poids de la responsabilité qui se déverse sur mes pauvres épaules est énorme, la puissance divine sur laquelle je peux compter est certainement démesurée : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16, 18). En me choisissant comme Evêque de Rome, le Seigneur m’a voulu comme son Vicaire, il m’a voulu « pierre » sur laquelle tous peuvent s’appuyer en sécurité. Je Lui demande de suppléer à la pauvreté de mes forces, afin que je sois un courageux et fidèle Pasteur de son troupeau, toujours docile aux inspirations de son Esprit.

Je m’apprête à entamer ce ministère particulier, le ministère « pétrinien » au service de l’Eglise universelle, en m’abandonnant humblement entre les mains de la Providence de Dieu. C’est d’abord au Christ que je renouvelle mon adhésion totale et confiante : "In Te, Domine, speravi; non confundar in aeternum!".

Avec une âme reconnaissante pour la confiance que vous m’avez témoignée, je vous demande, à vous, Messieurs les Cardinaux, de me soutenir par la prière et la collaboration constante, active et sage. Je demande aussi à tous mes frères dans l’épiscopat de m’accompagner par la prière et les conseils, afin que je puisse être vraiment le Servus servorum Dei. De même que Pierre et les autres apôtres constituèrent conformément au souhait du Seigneur, un unique collège apostolique, le successeur de Pierre et les évêques, successeurs des apôtres, - le Concile l’a répété avec force (cf. Lumen gentium, 22) -, doivent être étroitement unis entre eux. Cette communion collégiale, certes dans la diversité des rôles et des fonctions du pontife romain et des évêques, est au service de l’Eglise et de l’unité dans la foi, de laquelle dépend largement l’efficacité de l’action évangélisatrice dans le monde contemporain. C’est sur ce chemin, sur lequel ont avancé mes vénérés prédécesseurs, que j’entends par conséquent moi aussi avancer, avec l’unique souci de proclamer au monde entier la présence vivante du Christ.

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